Les essentiels du métier

Les douze fondations

Écrire un roman n’est pas une affaire de talent, mais de compétences.

L’écriture, plusieurs métiers en un

Nous avons décomposé les minima requis pour devenir écrivain·e et nous en avons obtenu ces douze fondations, qui nous ont montré l’ampleur de la tâche. Certaines creusent le texte, d’autres l’auteur·ice, les dernières le monde autour du livre. Chacune demande énormément de soi.

  1. Mindset

    Tenir dans la durée, et encaisser les ratés

    Écrire demande un souffle dont personne ne parle au départ. Ici tu travailles sur l’état d’esprit qui te permettra de transformer ta passion de l’écriture en métier.

  2. Concept

    Trouver l’idée assez solide pour porter ton livre

    Ton projet repose sur une idée centrale qui le rend unique. Comprendre les enjeux développés dans une histoire te servira toute ta carrière.

  3. Thèmes

    Dire quelque chose sans faire la leçon

    Que tu en sois conscient·e ou non, tes textes laissent transparaître tes préoccupations. Tu apprends à les reconnaître et à en faire de la matière de fiction plutôt qu’un discours.

  4. Personnages

    Créer des personnages qui ont leur propre regard

    Un personnage pense, raisonne et ressent à sa manière, bien avant d’avoir un rôle dans ton histoire. Cette intériorité se construit couche par couche, et te permet d’y ajouter l’historique et les relations qui te donnent la prise pour développer les arcs narratifs.

  5. Univers

    Inventer ton monde, et le rendre crédible

    Un univers fonctionne comme un système : chaque partie agit sur les autres. On élabore ces différents aspects un à un, puis on observe comment ils se répondent, jusqu’à obtenir un monde assez solide pour s’étendre sans se contredire.

  6. Structure

    Bâtir une intrigue solide et décider de sa forme

    Une intrigue est plus qu’un enchaînement de rebondissements, de même qu’une structure va au-delà d’une simple liste de cases à cocher. Les deux sont liés en un récit unique et cohérent. Connaître ton histoire de fond en comble et étudier les structures existantes te permettra de faire les meilleurs choix pour chacun de tes projets : mieux tu comprends l’un et l’autre de l’intérieur, mieux tu les articules.

  7. Mise en scène

    Décider de la place et de l’effet de chaque élément

    Tes lecteur·ices découvrent ton histoire dans l’ordre où tu la leur donnes. Descendre du chapitre à la scène, c’est choisir quoi installer et à quel endroit : les annonces, les fausses pistes, les débuts de sentiments, les moments de révélation.

  8. Rédaction

    Écrire la phrase juste, celle qui percute

    Les mots sont le véhicule final par lequel les lecteur·ices vont ressentir ce que tu voulais leur transmettre. Ta voix s’exprime : tu poses les dialogues, les descriptions, le rythme, et tu retires le superflu qui écraserait ton récit.

  9. Organisation

    Conduire ton roman comme un chantier

    Arriver au bout d’un roman demande d’organiser ta vie autour, pas seulement ton texte. On explore les différentes façons de faire pour trouver la tienne : ton rythme, tes rituels et ta façon de planifier, celle qui résistera aux semaines où rien ne va.

  10. Branding

    Exister publiquement sans jouer un rôle

    Personne ne trouvera ton livre si personne ne sait qu’il est là. Parler de toi et de ton travail s’apprend : à qui, avec quels mots, jusqu’où t’exposer et où t’arrêter.

  11. Édition

    Comprendre le métier avant de signer

    Le jour où tu présentes ton texte à un éditeur, tu changes de monde : celui-là est un commerce. Tu découvres comment il fonctionne, des formes d’édition aux circuits, pour t’y présenter en sachant où tu mets les pieds.

  12. Communauté

    S’entourer de gens qui te lisent vraiment

    Souvent, on finit par ne plus voir son propre texte. Ici tu apprends à aller chercher des regards, à distinguer la critique utile du reste, et à rendre autant que tu reçois. Certain·es vont plus loin et rassemblent leur propre communauté de lecteur·ices.

Douze fondations, ça peut sembler beaucoup. Maîtriser un effet demande du travail, et celui d’une histoire va souvent bien plus loin que son lecteur.

Pourquoi raconte-t-on des histoires ? →

Concrètement, comment s’y mettre